11-09-2018
Ecrins
AD

Loin, au bout de la route, le Désert en Valjoufrey. De petits maisons de pierres, authentiques, une odeur de foins, de fromage et de fumier. Un bar tenu par un Corse qui arbore fièrement ses origines, un enfant qui fait le bois à la hache, une dame qui vends son fromage dans sa cuisine "ha bé oui on a plus de Tomme, on en fait pas quand y'fait trop chaud, comme on a pas de chambre froide..." Y'a pas à dire, on est loin de la place des terreaux.

Il fait beau, chaud mais pas trop, ça monte doucement jusqu'au refuge sur un sentier où l’œil trouve toujours à se nourrir, passé les premiers kilomètres que les troupeaux ont transformé en une véritable autoroute. Un patou nous rappelle à l'ordre et nous oblige à un léger détour dans un pierrier. Plus loin, des myrtilles par millier, nos sens sont saturés. 3h30 dans ce vallon que nous découvrons tout les deux avec un plaisir immense, et nous voici au refuge.

La charmante gardienne - et sa mère (?!?) - nous accueille, une part de tarte aux myrtilles et quelques bières dans un transat, voilà ce qu'il faut pour finir la journée. Nous contemplons le vrai maître des lieux: l'Olan, et sa face nord qui accroche le presqu'unique nuage de la journée. On rêve, parfois avec terreur, de ces voies qui la gravisse. On pense au Desmaison, pitonnant dans du 7a au millieu de cette face austère. Mais voici finalement l'heure du repas, des cuisses de poulet croustillantes sur un lit de riz accompagné d'une tajine de légume. La barre est haute ... Puis viens l'heure du coucher, nous étions 9 à tables, mais le dortoir est à nous. Lit king size puissance 16.

Le lendemain, on s'arrache au petit jour. Rien ne presse, car notre objectif est somme toute assez débonnaire. Pas d'arête Nord à l'Olan, mais l'arête du Valonais, une petite crête rocheuse qui surplombe le valon. On rejoint l'attaque dans une petite brèche sur les coups de 8h, et François s'élance dans la voie. Ce n'est pas bien dur, encore qu'une jolie dalle en L2 surprenne un peu le gaillard. Oui, j'ai dit L2 alors que nous sommes parti sur une course d'arête. La voie a en effet subit un rééquipement polémique il y a quelques années. Polémique parce-qu’une majorité est maintenant P1: pas besoin d'ajouter de points, alors que le rocher ne présente pas de difficulté pour ajouter des protections. Malgré tout, des sections traversantes demeurent nues, obligeant à poser sangles ou coinceurs pour assurer la protection. Je l'avoue, la philosophie derrière ce rééquipement m'échappe: la voie est trop inutilement trop protégée, mais demeure malgré tout inaccessible à de vrais grimpeurs "P1". Mais halte à la polémique, le rocher est chouette, le cadre idylique et la grimpe facile mais agréable: tout ce qu'on attends de ce genre de course!

Nous arrivons finalement au sommet sur les coups de 11h30, sans se presser. François est en tête une majeure partie du temps et shunte les spits pour poser ses friends, voilà un bel état d'esprit! 2 rappels de 25m et un peu de désescalade, et nous sommes de retour sur le sol. L'idée de repasser au refuge pour le ravioliflette ( oui, c'est bien ce que vous pensez: une tartiflette où les patates sont remplacées par des ravioles ... ) mais on décide finalement de rentrer. Mais parcequ'on ne voudrait pas quitter le valon trop vite, nous shuntons le sentier et empruntons plutôt "la haute route de font turbat", itinéraire un peu secret qui traverse la montagne par des sentes rarement visibles. C'est surement plus long, mais tellement beau. La recherche d'itinéraire est amusante, encore qu'il faille rester concentrer pour trouver son chemin au milieu des barres rocheuses sur la fin.

De retour à la voiture, la conclusion s'impose: quel endroit merveilleux, il faudra revenir! dommage que les courses accessibles ne soient pas légion dans le coin ... Un motivé pour la Desmaison? sealed

 

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