06-07-2019
Ecrins
D

 

Après notre traversée des arêtes de sialouze (http://www.legaul.fr/forum/commentaires-alpi/4552-traversee-express-des-aretes-de-sialouze) et une petite sieste l'après-midi vendredi, le réveil à 2h45 ce samedi matin passe mieux qu'hier. On s'habitue? Il paraît qu'il y a eu un ronfleur dans le dortoir mais moi je n'ai rien entendu...
 
Au bout de 2 minutes on quitte toutes les autres cordées qui partent dans sialouze ou le couloir coolidge. Pas de neige et ça grimpe un peu, belle approche, un peu fatiguante à cause des grands pas à faire pour progresser sur le terrain accidenté malgré un rythme "cool" suite aux plaintes reçues sur le 700m/h de la veille.
 
On arrive quand même assez tôt presque au pied de la voie mais il nous faudra un peu de temps pour trouver l'attaque, ce qui laisse le temps au jour de se lever.
 
Premier ressaut continue mais sans difficulté qu'on franchit sans s'arrêter. Petite descente en désescalade. 
 
Le 2eme ressaut est très intéressant et offre de la jolie grimpe sur du bon rocher.
Comme conseillé dans le topo on évite le rappel ce qui nous vaut de la désescalade pas facile dans du rocher pourri (après relecture consciencieuse du topo, on ne serait peut-être pas descendu exactement au bon endroit...). 
 
Pour la petite traversée qui suit, la lecture du topo fait un peu peur, ça parait compliqué, mais une fois sur place tout s'éclaire, il suffit de compter correctement le nombre de brèches (on a progressé depuis la veille, on sait maintenant compter jusqu'à 3!). Par contre cette fois ci on s'offre un petit rappel à la première brèche, refroidis par les désescalades "faciles" précédentes. Puis belle grimpe sur le dernier ressaut avant d'arriver au pied du "large couloir en face (3b)"
Le couloir ne devait pas être assez large puisque apparemment je me serais planté : je me retrouve devant un passage qui semble bien plus dur que du 3. Mais il y a une très belle écaille donc j'y vais quand même. Mauvaise idée, le rocher est pourri. Bon coup de stress et grosse frayeur avant de réussir à  sortir. Par chance un bon bloc juste derrière me permet de faire le premier relais de la journée pour faire monter Anaël. Il arrive comme une fleur, enchanté par cette "belle longueur en 5"! Je ne partage pas vraiment son avis...
 
On atteint le sommet après 3h30 dans la voie et après une courte pause on part à l'attaque de la traversée du pelvoux, à la poursuite des cordées montées par le couloir coolidge, qu'on a pu voir passer au sommet lorsque nous étions encore dans la voie. Descente sur le très beau glacier des violettes, premier rappel, et c'est au 2ème rappel qu'on voit un groupe de gaulois qui fait bronzette vachés au relais et une cordée d'espagnols qui attend derrière. 
"- Hola amigos, ça vous dérange qu'on passe devant vous pour rejoindre les gaulois?
- si
- on va quand même passer devant vous
- ...
"
 
La suite de la descente se fait donc en très bonne compagnie.
Il est nécessaire de rester concentrés jusqu'au bout pour les passages de désescalade des vires d'ailefroide mais une fois arrivés dans le village c'est arrêt immédiat au bistrot pour enchaîner bières, tartes, glaces et voir défiler les gaulois qui reviennent de courses.
 
Une voie intéressante, jamais très dur, mais continue, bien sauvage, où il faut être efficace dans la recherche d'itinéraire et les manips. L'enchaînement avec la traversée du Pelvoux en fait une course très complète.