23-12-2018
Les Calanques
125
2
150
TD
6h

Me voilà contrainte et forcée par Rémi à rédiger un compte rendu sur une sortie réalisée contrainte et forcée par Jean… (néanmoins réalisée surtout grâce à Jean…!)

Nous voilà donc partis tous les 4, avec Rémi, Jean et Louis que je découvre avec plaisir au décours de ce WE.
Veuillez m'excuser par avance pour les longueurs, les fautes de style ou d’orthographe ou de syntaxe… la littérature c’est pas mon fort ( et à vrai dire, je n’excelle pas non plus en grimpe!) et je rends Rémi responsable de tous vos griefs ;)
Direction le Sud, le Soleil, le Ciel bleu, à défaut de neige ce sera l’eau scintillante des calanques .
Je ne parlerai pas de samedi, c’est Louis qui s’en charge, et je vais donc rentrer directement dans le vif du sujet.
Samedi soir autour d’un petit diner bien arrosé de Pic Saint Loup, Gigondas, et Brouilly, de Kwak, de Goudal  et autres bières généreuses, nous décidons de la grande voie du lendemain : ce sera La voie du Levant ou la voie Livanos au Canceou dans la Calanque de Morgiou, à l’abris du Mistral, orientée sud ouest.
Le Air bnb est confortable, bien plus le que camion de Jean, on y dort bien, donc quelle n’est pas ma surprise le lendemain quand Rémi m’annonce qu’ils ne nous suivront pas sur le Levant avec Louis, Rémi mon antidépresseur en grimpe, mon Dstress, mon « grigri » (ok j’en fais trop), mais bon il me rassure grandement dans les échappées belles où m’emmène Jean….
 
Comme d’habitude avec les 2 lascars, la marche d’approche est pleine d’embuches, déjà dans le topo ils annoncent que la marche d’approche est une aventure en soi, mais en plus quand on se gare à l’autre bout de Lumigny et qu'on part en direction de Sugiton pour aller au Cancéou (et au Crêt Saint Michel pour Louis et Remi) on part pas avec toutes les billes en poche….
 
Départ 8:45 du parking, arrivée 10:15 pour Louis et Remi au Crêt Saint Michel… pour nous ça sera 12:00 en bas de L3!
On redescend donc dans les chemins de sangliers (une classique de Jean) jusqu’au port de Morgiou pour remonter en face et rejoindre le chemin des crêtes, au Cancéou on prend comme indiqué  dans le topo cette petite sente pittoresque qui devient une vire rocheuse impressionnante lorsqu’on passe un angle, les graviers dérapent sous les semelles, je ne suis pas sereine! mais c’est tellement beau
Elle nous mène à ce fameux rappel de 25m, qui nous dépose sur une terrasse. On y croise un couple de cinquantenaire pas très avenant… on ne va pas vous voler la falaise ne vous inquiétez pas…!
Jean part en premier dans le rappel et disparait. Je descends, regarde, je l’appelle…. pas de Jean, j’essaie de rappeler la corde, elle se coince. Je m’agace je boue…. ça y est encore un faux plan de Jean… le voilà qui revient, évidemment il est allé pisser et me l’aurait soi-disant dit… ça commence bien!
En tout cas ça n’est pas moi avec ma condition de mollusque qui vais faire une remontée sur corde pour aller la décoincer! Voilà mon Jean reparti dans ce nouveau défit… Bernard Gravier ne serait pas très fier de sa technique, lui qui nous avait donné un cours fort sympathique à Presles…. m’enfin le résultat y est quand même et nous repartons le long de la vire pour atteindre le fameux gouffre! on y jette un coup d’oeil, on entend les gens au fond, ça a l’air sympa! mais c’est pas notre projet.
Un petit passage en 3 b , une vire étroite et nous voilà dans la grotte de départ. Il est presque 12:00, tout va bien… A ce moment là, Jean pense encore qu’on ira faire de la couenne avec Remi et Louis, moi je sais bien depuis le chemin des crêtes que si on arrive avant la tombée de la nuit en haut de la voie ce sera déjà une chance…
 
On y va (j’ai oublié de préciser qu’avec mon petit niveau de 5c+/6a grand max et mon côté courageux mais pas téméraire, je ne fais aucune longueur en tête en grande voie… mais Jean le sait, ça fait de la manip de corde certes mais ça harmonise notre tandem!)
 
L1, une traversée en 5c, je déteste les traversée, jean bienveillant m’installe une sorte de main courante à l’aide d’une sangle entre deux points, Dieu merci, ça se passe bien ainsi, mais là, petite phrase qui tue « belle escalade » me dit-il, j’allais le remercier de cette installation, ce sera un coup de tonnerre à la place….
L2, traversée facile sur une vire RAS
L3 , ça commence vraiment : 4C , il me dit vas y en tête, je lui dis non c’est bon j’ai pas envie, il insiste je me fâche … décidément on est tendu!! finalement bien m’en à pris, elles ne sont pas données ces 4c, et moi ça me va bien la moul’ le rocher est vraiment beau, la mer est belle je suis encore bien…. 
L4, j’appréhende, la longueur en 6a+, ça poisse je le sens pas c’est trop dur pour moi. j’oublie de vérifier le topo, j’avais bien lu qq chose la veille sur cette longueur…. Jean part dedans, ça n’est toujours pas donné, mais comme d’hab il passe sans trop de souci, à mon tour, je lui dis « prends moi sec »  en continu au début ça va, puis ça va plus du tout et je glisse je tombe je n’y arrive pas, je panique …. je suis au bout de ma vie….le rocher est quand même vraiment poisseux, mais finalement grâce à la force de ses gros bras et en tirant aux clous, je sors…. sur la gauche. Jolie terrasse mais on n’y est pas, en relisant tel topo, ils disaient bien de bifurquer à droite après le troisième scellement…. 
On va voir sur la droite, la traversée ne semble pas envisageable, non protégeable...
Droit au dessus des voies s’offrent à nous, elles n’apparaissent pas sur notre topo de 2004…. on se dit peut être qu’au dessus on pourra bifurquer à droite sur la prochaine vire? Jean part dans celle qui semble la plus Facile… c’est pas si facile
Une cordée nous rejoint, elle s’est aussi trompée, par contre ils ont un vrai niveau par rapport à moi. Ils me disent que jean s’est lancé dans Castor et Pollux, là c’est du 6c+ et ça sortirait en 7c/8a…. 
Maman, petit Jésus petit Bouddha petit Allah, faites qqchse sortez moi de là….
Après 2-3 plombs et en voyant l’autre cordée tenter la traversée sur la droite, Jean redescend, il avait quand même quasi fini la longueur, mais l’heure tournant, on change de tactique
J’ai bien sympathisé avec l’autre cordée, j’ai du leur faire de la peine, j’étais de piètre compagnie sur ce relais, mais ils ont bien vu toute ma détresse…! Et donc c’est plein de conseils qu’ils me guident pour ce passage, me rassurent. Ils sont là et ça fait plaisir.
En désescaladant le dernier pas de la 6a+, à l’aide d’une sangle sur un becquet pour se protéger, ça passe en faisant abstraction du vide intersidérale en dessous…. du coup il vaut mieux cette fois que je passe en tête sur cette traversée, je mets enfin pied sur cette petite vire loin à droite et peux enfin faire relais pour assurer Jean qui me rejoins oh joie, sain et sauf… mais bien entamé par cette 6c+.
L5, 5c jolie fissure/dièdre vertical, un peu de dulfer (je me la raconte…!) on reprend gout
L6 Fissure en 4c, décidément c’est pas donné le 4 ici... mais on se remet à faire des photos
L7 Sortie dans un court dièdre vertical en 6a, merci à tes bras Jean, désolée pour ton dos… on arrive en haut, il est 18h, le soleil s’est couché, la lumière et magnifique, la brise se lève, on se couvre, on prend enfin le temps de boire et manger
Retour à la frontale (oui j’en ai toujours une dans mon sac avec Jean…) le sentier des crêtes, les zig zag, le bruit des sangliers…. 20h on est à la voiture!!
Remi et Louis nous attendent dans un bar, on les attrape sur le rond point du Prado, ils sentent bon la bière, ça sent bon le WE bien rempli, on est bien , on est triste de reprendre la route…. et si on partait en Espagne? 
 
 
Leçons :
- relire les topos…. tout le temps
- se faire des amis parmi les autres cordées
- ne pas suivre jean et remi sur les marches d’approche
- toujours avoir une lampe de poche dans san sac
- ne pas hésiter à aller dans les calanques en hiver :)
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