26-08-2021
Mont Blanc
AD
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Le réveil sonne. Fins prêts dans les temps, nous partons à 5h.

La petite heure de marche d’approche jusqu’au glacier nous réchauffe les muscles. Puis vient le moment où le rocher lisse et glacé par la fonte et le regel  invite à la mise des crampons peu avant de grimper sur le glacier. Là, l’aurore y arrivant en même temps que nous, la vue d’un beau plateau crevassé s’offre à nous. Encordés, comme il se doit, nous slalomons entre les crevasses, traversons cette belle étendue puis montons la pente accentuée jusqu’à l’arête tout en saluant de nos appareils photos le soleil qui pointe son nez! Les jeux de lumière sont magnifiques ! On admire mais on ne traîne pas !

8h : Nous voici pied de notre arête, observée de loin les 2 derniers jours ! Emeric prend la tête. Et, histoire de souffler de temps en temps, j’accepte volontiers de prendre le lead quand il me le propose. Bon, sauf quand il faut rattraper l’horaire ;-) Emeric enchaîne alors de jolies longueurs en 4 sup. Le rocher est tellement bon que nous ne nous sommes pas beaucoup posé la question d’emporter nos chaussons. Nous passerons sous silence un ficellou laissé en souvenir de notre passage dans cette voie peu fréquentée.

Nous arriverons au sommet dans la fourchette donnée par le topo. 13h50. Le chef est content.

En fait, nous sommes tous les 2 super contents devant une vue à couper le souffle ! Cris de joie ! Et silence d’admiration ! C’est tellement beau !!! « La face nord des Grandes Jorasses, le Mont Blanc, les Aiguilles de Chamonix, les Drus, la Verte, le Triolet, le Dolent, les sommets italiens » Emeric, à son habitude, prend plaisir à les énumérer.

Mais la course ne finissant pas au sommet, la descente s’organise. Le 1er relais est facile à trouver ….qu’en sera-t-il des suivants. Nous sommes censés descendre par une voie d’escalade…

Quelques rappels puis …Un relais se serait montré trop discret ! : qu’à cela ne tienne, nous nous rejoignons sur une vire pour chercher à 2 la suite de la descente. Un bout de la cordelette du fond de sac et un bequet seront notre prochain relais. Le suivant n’est pas loin à vue de nez. Un autre demandera plus de recherche d’autant plus qu’il n’est pas en ligne droite (donc surtout, ne pas lâcher le 2ème brin de la corde au moment de rappeler ! Heureusement, aucun rappel coincé).

Après un dernier en fil d’araignée, nous prenons finalement pied sur le glacier réchauffé par le soleil magnifique de cette longue journée ! Il ne s’agirait pas de marcher sur un pont de neige. Je me sens soudain moins en confiance que le matin avec le regel faisant crisser les crampons.

Enfin, nous retrouvons les belles crevasses bien ouvertes,  le chemin d’approche puis le petit refuge !

 

NB : Pour une course ainsi engagée (pas d’alpinistes dans les parages, seuls sur une course très rarement parcourue) nous nous sommes rendus compte après notre départ, que nous aurions pu laisser un mot au refuge avec les informations – heure, nom, numéro, voie prévue- nous concernant.