15-02-2020
Belledonne
1300
D

Aguiché par un compte rendu récent, je prévoit d'aller faire un tour en Belledonne, du côté de la combe du Venetier. Je préviens Raph' qui se joint à moi sans négociations, et on commence à organiser notre petite sortie. C'est là qu’apparaît François, qui propose de se joindre à nous. Le garçon n'étant pas avare de bonnes idées, il propose de relocaliser la sortie du côté du Ferrouillet, où un couloir S/W nous tend les bras. Gros changement d'ambiance, on passe de la promenade tranquille entrecoupé d'un peu de mixte à un couloir fort raide pour mes habitudes. Mais après tout, ça devrait le faire!


Direction donc le parking du Habert en ce samedi matin. On part tôt pour esquiver les départs en vacance. Petit arrêt Bugnes, et nous voici arrivé avant la chenille de Grenoblois, et en même temps que Raph' qui descend d'Annecy. On attends un quatrième compère, qui doit nous rejoindre depuis Grenoble. Mais qui n'arrive pas. On s'équipe, on papote, on grignote, et toujours rien. Un flot ininterrompu de véhicules passent et se garent. Finalement, voici Stan! Et bien, y'a plus qu'à!

On porte un peu dans le sous bois, mais assez rapidement on peut chausser. On remonte dans des pentes assez raides, au milieu de vernes, pour passer la première difficulté, une grosse barre rocheuse qui ferme l'accès au vallon. L'itinéraire traverse au milieu de ces barres par une corniche assez étroite qui nous parait un peu exposée. On décide de suivre d'autres traces qui continuent droit au dessus, par un entonnoir de plus en plus étroit. Ici, la neige n'est qu'un amoncellement de gobelets sans cohérence, mais posés sur un fond dur et stable. La pente se raidit et on fini à pied. Je regrette de ne pas avoir pris le temps de chausser les crampons tant la neige est béton. Mais on débouche sans encombres sur un large replat. ça y est, la combe se dévoile à nous, devant nous le lac de Crop, au fond les différentes cimes qui entourent le Ferrouillet. On goûte au soleil, ça fait toujours plaisir bien que la fraîcheur ne soit pas vraiment d'actualité, même à l'ombre.

Le groupe se sépare, François préfère passer à l'Est du lac là où nous continuons côté Ouest. Question de choix de pentes et de dévers, question aussi de largeur de planches ... On se rejoint de l'autre côté, et déjà notre objectif se montre à nous. Un couloir qui disparaît entre deux falaises, dans une étroiture bien ombragée. Au fond, une belle cascade de glace au milieu d'une barre marque le bas de la combe suspendue, qui constitue le bas de la voie normale du Ferrouillet (et également notre échappatoire si le couloir s'avère en mauvaises conditions.
Je n'aime pas porter, alors j'engage conversions sur conversions, suivi par Raph, pendant que François et Stan chaussent les crampons dès la base du cône. On alterne des plaques de glaces, de la neige dur et des plaques de gobelets. Pas très reluisant tout ça. On monte, on monte, chacun à son rythme. Arrivé sous l'étroiture, je fini par chausser les crampons. Les deux lascars en profitent pour passer devant. On passe le goulet, un petit S en enfin, le haut du couloir se dévoile. Deux anciens attendent que l'on sorte pour se lancer dans la descente, avec une belle maîtrise (mais sans casque, ils ne doivent pas lire les journaux ...). On goûte à nouveau au soleil. On rechausse les ski et finissons de remonter la combe suspendue, qui est de toute beauté. On dépose les skis à un col et finissons à pied sur quelques dizaines de mètres, jusqu'au sommet.

Waow, quelle vue! On se pose un peu, on discute avec un couple fort sympathiques arrivés en même temps que nous, et on grignote quelques Dinosaurus TM. Sacré sommet quand même, et le temps clair et ensoleillé arrange bien les choses. Puis voici venu le temps de la descente. On dis adieux à nos voisins (qui passent versant Envers), on rechausse, on fait quelques virages pour se mettre bien, et nous voici au bord du gouffre.

Wow, je vous ai déjà dit que je n'avais jamais skier plus que du 3.3? Alors autant dire que cette ligne m'impressionne. Le S empêche d'en voir le bas, et l'étroiture est ... étroite. Deux ou trois longueurs de ski. Mais la neige n'est pas si pire, j'ai fait de jolis progrès ces dernières semaines et après tout, la raideur de la pente ne me semble pas si terrible. Le fait d'être monté dedans m'a permis de bien visualiser la ligne. Allez, je me lance! Enfin, façon de parler parce-que je vais déjà regarder partir mes trois compagnons. Leur technique est variable mais tous passent le goulet sans encombre et disparaissent à ma vue. La neige ne semble plus si dure, parfait! Concentré, j'y vais. J'alterne dérapages, glissage, virage, glissade, dérapage, et hop, mais voici passé le goulet! ça y est, en dessous je n'ai plus qu'une jolie pente, qui s'évase de plus en plus, et tout en bas déjà mes 3 compagnons qui attendent. Je me sens plus serein et commence à me lâcher. J'enchaîne quelques virages, et fini par les rejoindre. Waow, c'est fait!

On continue la descente, et on arrive en haut de cet autre couloir, plus végétal mais pas moins raide, par lequel nous sommes montés. Au départ, la neige y est toujours bétons, les skis crissent dessus dans un bruit très désagréable. Mais plus bas, on retrouve une neige plutôt correcte. Plus le slaloom entre les vernes, le classique boardercross de fin de sortie et enfin ... le portage!

Plus qu'à passer à la mousse, au si vintage bar de la Jasse, à profiter du soleil encore un peu avant de se lancer dans les bouchons.