02-06-2019
Ecrins
680
3175
3730
F
8 h

Ouvrant le bal des sorties d'initiation à l'alpinisme de ce printemps, nous sommes donc allé promener nos pieds et nos regards du coté du Glacier Blanc.

Une équipe de pointe autonome, C. et P., est partie dès le vendredi et vous fera probablement part de ses propres exploits à ski (Dôme des Écrins le samedi, Roche Faurio le dimanche).

Notre équipe quant à elle voyage à pied. Sous une tempête de ciel bleu, départ vers 10 h 30 pour une montée plus ou moins aisée jusqu'au refuge du Glacier Blanc, raquettes sur le sac. Une suite assez éprouvante, raquettes aux pieds cette fois, pour les quelques 600 m de dénivelée mais aussi les quelques kilomètre de soupe nous séparant du refuge des Écrins. Un dernier « coup de cul » bien raide et nous pouvons nous écrouler sur la terrasse (il est quand même 15 h passée). C. et P. nous accueillent et nous réconfortent, nous cassons enfin la croûte et nous buvons un  excellent « tchaï local », bien épicé. Séance d'hypnose sur le panorama Barre-Dôme des Écrins.

Le refuge est plein en ce w-e de l'Ascension. Dîner en deux services mais pas de surpopulation dans les dortoirs.

Une brève (on arrive vite à l'heure du dîner : 18 h 15 pour le premier service !) session de révisions techniques et à table, puis, très rapidement aussi, au lit !

Lever à 4h (ce fut une erreur, il eut été préférable de choisir celui de 3 h, voir ci-dessous). En route vers le glacier, en descendant toutes nos affaires pour n'avoir pas à remonter au refuge pour les récupérer. Nous en abandonnons quelques unes (un peu trop, nos raquettes notamment, deuxième erreur) au pied du refuge. La neige porte bien, nous avançons raisonnablement. C. et P. nous devancent  largement à ski mais ont la patience et la gentillesse de nous attendre de place en place. Il fait déjà bien doux.

Virage à droite pour attaquer la montée sur la partie droite de la face (c'est sacrément chaotique à gauche). Au moment de choisir entre le passage sur l'arête et la montée directe, nous optons pour la deuxième option : ça bouchonne sur le raidillon d'accès entre alpinistes montants et (déjà !) descendants et puis la voie directe est en bonnes conditions.

Arrivé·e·s au petit dôme qui marque la fin de l'ascension à ski. Mais il reste un morceau d'arête, mi-neigeuse, mi-rocheuse, pour atteindre le « vrai sommet ». Crampons aux pieds, cette arête est plus impressionnante que réellement difficile mais il faut tout de même s'assurer par des sangles sur becquets. C'est tout de même un bon cran au dessus du reste de l'ascension. Bien que la plupart des cordées la négligent, le passage sur l'arête est suffisant pour qu'elle soit à peu près débarrassée de ses cailloux les plus branlants. Nous prenons notre temps et nous piétinons enfin le ciment de la borne géodésique. Vue magnifique et panoramique, uniquement interrompue par la Barre-Dôme des Écrins.

Le retour au petit dôme où nous retrouvons C. et P. (décidément, quelle patience et quelle gentillesse…). Nous les voyons, avec, allez, soyons honnêtes, avec un poil de regret, glisser souplement dans la face qui doit être bien sympa à skier.

De notre coté, il commence à être bien tard et à faire bien chaud pour notre descente, par l'arête (à présent totalement déserte) cette fois, où nous enfonçons copieusement. Ce sera là notre lot tout le reste de la journée sous un soleil de plomb. Nous abrégeons la fin de la descente sur le Glacier Blanc par une bonne glissage sur les fesses qui nous épargne un peu de fatigue et fait gagner du temps.

Retour (sans nos raquettes ! Aïe !) au pied du refuge. Bien fatigué·e·s nous faisons là notre pause casse-croûte bien que l'heure tourne et que la neige se ramollisse encore. Avec les raquettes le retour vers le refuge du Glacier Blanc est moins affreux mais reste un tantinet pénible  (quelques parties bien pentues et glissantes sur une neige sans consistance). De temps à autres des skieurs nous dépassent comme des missiles.

Raquettes sur le sac à partir du refuge et descente, un peu paumatoire, vers le pré de Madame Carle (l'itinéraire de « demi-saison » n'est pas celui d'été, impraticable à ce moment-là). Arrivée au parking vers 18 h, après donc 13 h d'efforts. Un bien pour un mal, nous rallions Lyon sans le moindre ralentissement, les bouchons ont largement eu le temps de se résorber !

Une sortie d'initiation, disons, « complète » : un beau sommet dans un cadre somptueux et une bonne galère à la descente à vous passer le goût des sorbets.

Outre les erreurs déjà signalées, partir le vendredi soir et bivouaquer du coté du pré de Madame Carle eut probablement été plus judicieux (montée plus matinale et un bon moment tranquille au refuge).

PS : merci à R. (il se reconnaîtra) pour le prêt de ses microtractions.

Merci à Am. pour les photos.