11-07-2019
Ecrins
1600
4102
AD
15

 

Prélude :

Le Camp du GAUL 2019 se déroulait bien avec l’ascension de 3 sommets en mode « Sortie Encadrée » suivi d’une Magnifique Traversée du Pelvoux.

Mais c’est là que Lionel nous rejoint au Camp. Chaud patate, fort de sa pratique en rocher, et de sa toute récente ascension de la Verte par le Couloir Couturier, Monsieur a de gros projets!

Il m’en avait déjà fait part par SMS et via Messenger... GLOUPS

Barre des Ecrins par le Pilier Sud! surprised

Pour moi c’est clairement trop dur vue mon assiduité à la grimpe cette dernière saison...

C’est là, qu’Emeric (arrive à la rescousse et) propose la Grande Traversée de la Barre des Ecrins! Moi je vois déjà qu’il faut aller côté Bérarde et que ça promet une belle bambée! Mais bon ça appâte le lance patate! Alors GO, je sais déjà que je laisserai Lionel devant pour le rocher tongue-out.

J1 : Montée au Refuge Temple Ecrins depuis le Pré de Mme Carle :

Nous mettons le réveil à 5h15, pour partir du camping à 6h00. En effet, des orages sont annoncés en début d’après-midi et on aimerait bien arriver avant au refuge! Sans compter les1400m de dénivelé qui nous attendent pour atteindre le col de la Temple (3301m)

Remontée du Glacier Noir :

 

Cela commence par la remontée de la moraine en rive gauche, on fait ça par un temps semi-couvert et donc à la fraîche. Elle se quitte à son sommet, par divers itinéraires cairnés. On traverse la partie basse du glacier en direction du Sud afin de rejoindre un névé vaguement tracé qui permet d’atteindre la partie supérieure du glacier noir. Ainsi pas de besoin de grimper et nous avons même évité de cramponner.

Nous remontons le glacier désormais en direction de l’Aiguille de Coste Rouge. Nous croiserons 2 ou 3 cordées redescendant du col. Vers 3000 nous cramponnons puis atteignons un replat qui donne accès aux couloirs menants au col de la temple.

Ascension vers le Col de la Temple :

Nous voyons une trace mais décidons d’aller plus au fond pour voir si un couloir plus en neige nous permettrait de monter plus facilement. On tombe finalement sur un couloir pas très raide mais tout en cailloux. C’est pas très stable et faisons attention, par moment nous grimpons sur de la neige dure en fond de couloir. C’est d’ailleurs à ce meilleur moment que la météo se gâte laughing

Pluie et légère grêle nous décape la GoreTex!  Vers 11H30, le mauvais temps a de l’avance, il était attendu pour 13h30, mais il n’y a pas d’orage et ça c’est top. Et puis ça ne dure que le temps du passage galère dans le couloir! D’ailleurs Lionel arrachera une prise (enfin un morceau de rocher, de là à parler de prise...) qui cognera sa joue et finira à mes pieds. Ouf rien de grave.

Refuge Bivouac du Col de la Temple :

A la sortie du couloir, il reste à remonter un tas de caillou pour atteindre le col. C’est là que nous tombons sur cette ruine du « Refuge-Bivouac de la Temple ». C’est le moment de récupérer une petite planche pour un projet décoration dont vous entendrez peut être parler prochainement.

Au sujet de cette ruine, il y a plus d’informations ici : 

http://www.legaul.fr/forum/autres-activites/4558-refuge-bivouac-du-col-de-la-temple

Descente sur le refuge de Temple Ecrins :

Sur l’autre versant, il y a encore de la neige et c’est tant mieux. Nous descendons devant les cordées provenant du Coolidge qui sont encore dans la traversée en rocher.

On but sur des barres rocheuses, Lionel veut les désescalader pour atteindre les pentes un inférieures... Oui mais Non Lionel wink

Il n’y a pas de trace, c’est toujours le truc facile au début mais c’est convexe donc toujours plus raide sur la fin. Nous remonterons un petit peu pour prendre la trace normale et contourner ces barres.

Le reste de la descente est une formalité et nous rejoignons le refuge pour 14h. Il est encore temps d’y boire et manger quelque chose. Nous apprenons que la veille la traversée a été faite et qu’il y a de la glace quelque part (mauvaise compréhension de l’anglais téléphone pour la gardienne)

Nous aurons le droit de dormir dans le dortoir des guides (il n’y en avait pas ce soir là) car le réveil est prévu pour 1h30!

J2 : Grande Traversée de la Barre des Ecrins :

J’avais mis le réveil du téléphone à 1h20 (on ne part jamais trop tôt en montagne), mais il a sonné 10’ avant que je ne me réveille difficilement à 1h30...

Avec Lionel on s’active, petit déjeunons et quittons le refuge à 2h15.

Approche :

Celle-ci commence en remontant derrière le refuge en suivant les lacets vers le nord-est. Nous cramponnons vers 2800 pour prendre pied sur le glacier. Toute cette ascension se fait dans un épais nuage que nous percerons un peu avant d’arriver au col des avalanches. Nous suivons une trace que Lionel quitte plusieurs fois, heureusement j’ai l’oeil et cela nous évite de trop chercher l’itinéraire.

Nous arrivons au pied de la voie au levé du jour, parfait pour commencer à grimper. Nous affichons 20-30’ de retard sur l’horaire, ça va. 1180m d’approche, ça entame déjà!

Ascension de la Tour Rouge, Couloir du câble, câble, Couloir Champeaux :

C’est là que ça se complique innocent

D’après le topo (il y en a un très bon décrivant la voie au refuge) il y a 3 longueurs à faire. Nous commençons en haut du cône de neige par l’ascension d’un couloir en rocher. Lionel arrive au bout et attaque la traversée vers la droite par une dalle et une fissure en Dülfer main gauche. Nous sommes toujours en crampons et de l’eau froide (glaciale) dégouline dans cette fissure, un régal! Gros passage expo car à sa sortie il y a des rochers instables (il en fera dégringoler, seul un petit finira sur mon bras) et rien pour protéger. Il fera un relais 15m plus loin. 

En second je suis plus serein, mais je dois quand même poser le cerveau et arrêter de réfléchir pour m’engager dans cette fissure.

Au relais, on ne sait pas trop où on est mais on voit un relais à notre gauche (il n’est plus atteignable d’où nous sommes). Du coup on sait qu’on est pas là où il faut sealed. La grimpe à venir ne nous semble pas difficile et Lionel poursuit vers un énorme béquet, ce sera notre deuxième longueur. De là, une nouvelle dalle nous attend, il y a des prises sur la gauche et de bons petits trous pour y loger les pointes de crampons, parfait. D’ici nous finissons sur l’arête de la Tour Rouge.

Il faut rester « sous les strates blanches »  qu’il disait le topo... on fait encore un écart d’itinéraire mais arrivons tout de même à rejoindre le couloir du câble. Nous le remontons et tombons sur le bon vieux gros câble effiloché en son extrémité. La grimpe y est intéressante mais nous aurait pris plus de temps en libre. 

En haut du câble, il y a un bout de grimpe et un pas de désescalade pour rejoindre le couloir Champeaux, qui est affreusement sec! Nous le remontons assez facilement et sortons sur les pentes sud.

Pentes Sud de la Barre des Ecrins :

Ça commence par une traversée horizontale sèche, puis mixte pour finir sur une neige en gros sel. Nous commençons à monter lentement, les marches s’écroulent sous nos pas. Nous avons 2h de retard, mais il fait beau, aucune perturbation n’est attendue et aucun caillou ne dévale la pente.

Nous rejoignons le goulet d’une ancienne coulée ou la neige porte mieux. Puis nous apercevons la trace de la cordée de la veille, elle était tout à l’est à l’abri du soleil. L’ascension en est facilitée. 

Lionel : « 4984m! »

David : « Euh, on est plus haut que le Mont Blanc? »

Lionel : « ... »

« Rires »

Bon la machine qui a fait une bonne partie de la course en tête montre des signes de faiblesse!

Lionel : « Vas y remets y une pièce et tu te payes le sommet ! »

Je prends la tête pour la partie finale du couloir, et mon souffle et mon acclimatation me permettent de délirer un peu et chantonner, mon compagnon de cordée a été un peu agacé laughing.

A la sortie du couloir, je termine en tête l’arête facile qui est toute en rocher.

Sommet !

Il est 11h quand nous atteignons le sommet, enfin! Après 3 sorties (tentatives et passage à proximité) nous sommes enfin au sommet des Ecrins.

Lionel nous sort une tablette de chocolat qui sera engloutie au sommet.

Descente :

 Retour sur l’arête, passage au Pic Lory, sa brèche puis deux rappels pour passer la rimaye. Nous descendons en empruntant la voie normale. La descente du glacier blanc sera longue et ennuyeuse mais Lionel perdra un de ses crampons pour pimenter cette descente. Il ne s’en rendra compte qu’au moment de décramponner non loin du refuge du glacier blanc.

On aura pas quitté nos crampons de toute la course! Et sa lanière s’est sûrement détendue. Le crampons sera retrouvé et rapporté au Pré de Mme Carle quelques jours plus tard.

Au refuge du Glacier Blanc nous retrouvons d’autres Gaulois « Barriste du jour », nous y engloutissons un part de tarte aux myrtilles et effectuons la descente en groupe.

 

Très belle course qui clôture ce camp, merci pour la suggestion Émeric et merci Lionel pour la reconstitution de la cordée des premières!

 

 

 

 

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