31-07-2020
Mont Blanc
1000
3810
4810
PD
6H

A l'instar de Julien offrant le Mont Blanc à Nicolas pour ses 39 ans, j'ai offert une sortie au Mont Blanc à deux amis pour fêter leurs 40 ans. Les conditions sont assez propices : pour une fois, il est possible de réserver au refuge du Goûter et le mois de juillet n'a pas été trop chaud.

Mes deux camarades recemment quarantenaires se nomment Hugo et Nicolas. Je les ai déjà un peu emmené faire de l'alpi et l'un et l'autre. L'expérience alpine d'Hugo se résume a quelques courses de neige dont le Dome des Ecrins, l'expérience alpine de Nicolas se résume à l'arête du Pin. Le premier a randonné pour s'entrainer mais est plein d'inquiétudes par rapport à la montagne, le second est débrouillard mais n'a pas fait de sport depuis bien longtemps.

Départ de Lyon à 4H du matin le 30 juillet. La route se passe sans histoire et nous sommes un peu en avance pour prendre le premier tramway à Saint-Gervais à 07H20. La montée jusqu'au refuge du Goûter se passe sans trop de difficultés, même si elle est un peu longue et l'occasion d'appréhender un nouvel environnement pour mes camarades. Le guide de la brigade blanche qui controle les réservations des alpinistes au Gouter nous indique que dans la nuit, vers 5H, des masses impressionnantes de rochers ont dévalé le couloir et ont refroidis pas mal d'alpinistes dormant à Tete Rousse. Ce n'est pas rassurant, mais nous passons sans trop voir de chutes. Nous arrivons à 14h30 au refuge.

Le lendemain, réveil à 2h00 et départ à 2H45. Il y a très peu de monde sur la voie normale ce jour (50 alpinistes environ). Je suis inquiet par l'état de Nicolas qui est en manque de forme, n'a quasiment pas dormi de la nuit et montre quelques signes de mal des montagnes. J'hésite à lui dire de rester au refuge et nous partons au final avec lui.

La montée se passe sans histoire jusqu'à Vallot. Nicolas s'avère épuisé et trop hors de forme pour continuer. Il décide de lui même de stoper. Je lui laisse la doudoune que j'avais emmenée pour ce cas et nous repartons avec Hugo. Nous sommes au sommet à 7H30. Le brouillard de la nuit a disparu et nous profitons d'une vue dégagée.

Redescente jusqu'à Vallot, Nicolas a dormi et va beaucoup mieux. Pause au Gouter. Il est 10H30. J'ai une petite inquiétude quand à notre capacité à être à 16H en bas pour le dernier tramway puisque Hugo n'a jamais desescaladé et a beaucoup d'appréhension face au vide. Nous nous engageons dans la descente. Hugo est anxieux, mais je le sécurise d'en haut et Nicolas lui indique où poser ses pieds dans les passages plus difficiles. Je me rassure dans la descente : nous allons largement assez vite. Ma quiétude ne dure pas quand je vois d'énormes blocs dévaler le couloir. C'est effrayant et les pierres tombent sans interruption. A un moment, une pierre d'environ 80 cm de diametre fonce vers nous : Nicolas et moi nous écartons et elle tombe juste là où nous étions. Sentiment de peur : les chutes sont telles que même le tracé jusqu'au Gouter est impacté par des pierres dangereuses. Nous accelérons la descente, croisons un guide qui nous indique qu'il n'a jamais vu ça... NOus passons le couloir en marchant très rapidement sur une période d'accalmie : il n'y a plus de traces de pas tant il y a eu de chutes. Nous passons et nous écartons de la zone dangereuse au plus vite.

Le reste de la descente sera beaucoup plus triviale, mais nous avons eu peur. Nous sommes à l'heure pour le tramway, d'autant que l'information du refuge était erronée : le dernier est à 16H40, non pas à 16H. Une glace à Saint Gervais et le retour à Lyon.

J'en arrive à être très circonspect quant à la manière de remonter au Mont Blanc : aucune voie ne me semble désormais présenter suffisamment peu de risques objectifs. Par où passer ?