12-07-2020
Haut Giffre - Aiguilles Rouges
150
PD

Pour Renaud et moi, ce camp du Gaul est résolument sous le signe de la nouveauté, et c’est donc le coeur plein d’allant que nous projetons de réaliser notre première grande voie.

On a appris les manips (ce poteau de tire fesse au camping est décidément bien pratique) et on les a testé tranquillement aux Gaillands, nous sommes prêts.

Autour de l’apéro, nous montons donc 2 cordées : Cécile, Billy et Jérôme et de l’autre côté Renaud et moi. Et comme la soirée amène toujours son lot de bonnes surprises, David intègre notre cordée.

Allez, c’est décidé, ce sera les Chéserys, un classique qui a été largement visité par les Gaulois cette année. On embarque 2 cordes de 60m, elles sont exactement du même bleu, mais bon on est joueurs.

Nous partons le lendemain matin avec le bus, jusqu’à Tré-le-Champ (on aurait pu partir à pied du camping mais autant s’épargner un peu de dénivelé), pour une marche d’approche qui va durer 1 petite heure.

Secteur très couru, les voies que nous avions repérées sont déjà occupées par des cordées, plan B, plan C, finalement notre cordée jette son dévolu sur La Blanche, une classique ouverte par les frères Ravanel, ça en jette.

150m, 5 longueurs, c’est Renaud qui s’élance le premier, dans une dalle splendide (5a). Il arrive à un relai, mais n’est pas trop sûr que ce soit le nôtre, il continue et en trouve un non chaîné (un peu bizarre, ils le sont tous alentour). C’est David qui s’élance donc dans la longueur suivante (3c) mais en fait ce ne sera qu’une demi-longueur, nous étions déjà au milieu de L2 ! David enchaîne donc dans L3 (5b), longueur sympa avec un pas qui justifie la cotation.

Longueur suivante, je passe à nouveau mon tour, car je ne suis pas très en forme (vous irez lire “J’ai glissé sur la Glière” pour mieux comprendre ma relative méforme). C’est une longueur en 5a, dont l’essentiel réside au départ, une petite traversée tout en finesse, jusqu’à un dièdre où on se sent bien mieux, et où on peut enfin clipper sereinement.

Allez, on se serre sur la mini-mini-terrasse (oui, c’est l’inconvénient d’être 3) avant la longueur finale (5c). Ouf, ce n’est pas une dalle, mais une longueur qui démarre dans le 3, poursuit dans le 4 et s’achève sur une sortie un brin athlétique. Renaud est dans son élément et c’est une formalité. Avec mon bras en compote, j’ai bien mérité ce nougat sommital, merci David !

C’est parti pour la descente, on réfléchit bien, nous avons 3 relais à enchaîner. Le premier correspond à la dernière longueur, retour sur notre mini-mini-terrasse (on n’est pas bien là ?). Renaud fait des anneaux, d’après David ça fait des noeuds, bon on va comparer. Renaud réalise un superbe lancer contrecarré par le vent… et la corde s’écrase juste dessous et fait des noeuds.

Voilà, voilà, il assume et part dépatouiller les cordes, il y a du vent, je commence à avoir presque froid, et je ne m’aperçois pas que j’ai une brûlure au 2e degré sur les épaules (j’exagère à peine). Comme on ne voit pas grand chose du relais, on hésite un peu avant de partir, et on perd un peu de temps. Relai un peu “agricole” puisqu’on ratisse pas mal de végétation, et après un passage en fil d’araignée, on arrive au relais. Pile poil ! Sous le relais, on a un luxueux rab de 1 mètre de corde. Le topo conseille 2x50m, nous avons (nous pensons avoir) 2x60m. Je conseillerais donc bien 2x60m, mais on peut s’en sortir avec 2x50m en passant par d’autres relais. Le dernier relais est une formalité.

Nous retrouvons la deuxième cordée qui vient de nous rejoindre (timing parfait) direction l'aiguillette d’Argentière. Cette aiguillette est tout simplement sublime, et l’envie est forte de monter sur ce caillou. On imagine bien ce qui a pu motiver le berger qui est monté le premier dessus : quelle vue !

Billy et Jérôme partent pour La Biscante (4 longueurs, 4, 5b, 4c, 4c) pendant que le reste du groupe mange du melon (oui, il faut le monter mais il fait plaisir). Renaud choisit la Rébuffat-Terray (5c), une directe très jolie qui n’a comme seul défaut que d’être la ligne de rappel de… tout le monde !

L’après-midi touche à sa fin, nous quittons l’aiguillette dans les derniers, et le bouquetin qui rôde là vient nous saluer comme pour nous dire au revoir.