09-09-2018
Ecrins
1200
2344
3554
PD
12

Il était resté sous la couette début juillet, il est au rendez-vous début septembre. L'Olan, sa bavante jusqu'au refuge, son glacier apéritif, sa vire estafilade, sa brèche discrète, son arête trois-étoiles au guide Michelin, son antécime agaçante, ses relais tout neufs. Une course d'envergure, avec entrée-plat-fromage-dessert-café-digestif. Mieux vaut avoir de l'appétit.

 

J'en avais entendu parler, de cette grimpette depuis la Chapelle-en-Valgaudemar. Donnée pour trois heures, nous l'abattons en 2h30, pas mécontents de venir à bout des 1200 m de dénivelés. Olivier et moi aurons alterné le port de l'âne mort (le surnom de notre corde de 80 m) à dos d'homme.

 

A destination, nous rencontrons de charmantes yogi venues faire un stage de deux jours sur le toit-terrasse du refuge. Motivées ! Le lieu semble propice à la pratique de cette belle discipline. 

 

L'accueil de l'équipe du refuge est excellent. Dîner diversement apprécié à cause de la présence de ravioles du Champsaur (je peux critiquer : j'ai goûté) et de l'usage hasardeux d'épices dans le plat principal. 

 

Le dimanche, réveil à 4h25. Nous petit-déjeunons sur la pointe des pieds puisque nous sommes les seuls debout. A 5h12, nous sommes partis.

 

A la lampe frontale, nous suivons le sentier puis le quittons (premier merci à un cairn) en direction du glacier. Le temps de s'équiper, nous l'attaquons à 7h00, il fait jour. La montée est facile. Arrivés en haut du glacier, nous y laissons crampons et piolet.

 

Il existe un seul pont de neige sur la rimaye pour sortir du glacier et attaquer les roches moutonnées. Nous grimpons sans nous en rendre compte à gauche de la voie normale. Inconvénient, nous ne repérons pas les relais pour la descente. Mais le couloir n'est pas si mauvais, comparé aux dalles gravillonnées.

 

La vire se voit aisément, elle est très bien cairnée (merci... ). Elle est facile mais exposée par endroits. Nous sommes hyper attentifs à l'itinéraire : en juillet, un groupe de Gaulois a oublié de tourner à droite vers la brèche Escarra. Nous avons en tête le topo et l'astuce de la gardienne (« un gros cairn », merci !). Nous nous engageons dans la montée ludique et facile à protéger. La pente est tranquille et le rocher très bon. Je suis en tête. Sur la fin, je me laisse piéger : j'attaque un ressaut sans réfléchir et ne m'en sors qu'avec l'aide d'Olivier. Il prend la tête sur les derniers mètres en dessous de la brèche.

 

Nous attaquons l'arête et, suivant les conseils de la cordée rencontrée la veille, en suivons le fil. C'est aérien, parfois gazeux catégorie « lame de rasoir ». On trouve toujours de bonnes prises. Nous apprécions le temps ensoleillé et sans vent. Pour Olivier, les protections sont parfois difficiles à poser.

 

Il est 11h12 quand nous parvenons à l'antécime Est. Olivier accepte de s'arrêter là. L'aller-retour au sommet Nord prendrait au moins une heure – si loin, si proche – et nous savons que notre trajet retour, par le même itinéraire jusqu'au refuge, sera pratiquement aussi long que l'aller.

 

En effet. La désescalade se fait bien – cette sortie m'aura bien fait progresser dans ce domaine – mais certains passages sont très délicats. Olivier choisit de m'assurer depuis le haut, je peux m'asseoir dans mon baudrier. Il suit comme un cabri. Nous évitons ainsi de longues séquences de rappel. C'est quand même longuet et une cordée nous dépasse.

 

La descente depuis la brèche est sans histoire, nous faisons dix minutes de pause biscuit une fois sur la vire. Sur cette dernière, je décide de protéger, un peu plus souvent qu'à la montée, les passages exposés. Arrivés en haut des roches moutonnées, nous désescaladons encore en nous méfiant des gravillons. Un dernier merci aux cairns. Nous trouvons sans trop de peine les magnifiques relais. L'attente au départ des rappels est un repos bienvenu. Grâce à notre âne mort, nous n'avons besoin que de deux rappels au lieu de trois (le nombre standard avec une corde de 50 m).

 

Nous retrouvons notre matériel ; le pont de neige est peu rassurant sous cet angle. A la descente, les crampons me donnent du fil à retordre : nous nous apercevons que les pointes sont émoussées. Ils sont parmi les plus récents du club, je n'y comprends rien.

 

La suite de la descente, sur rocher et hors sentier, demande de la vigilance à cause des pierres qui roulent. C'est enfin le sentier. Olivier va beaucoup plus vite que moi. Nous nous retrouvons au refuge exactement 12 heures après notre départ. Une tarte aux myrtilles plus tard, nous debriefons avec la cordée qui nous a dépassés. Le second accepte de nous envoyer ses photos : elles accompagnent ce compte-rendu, merci JG !

 

Ne reste plus qu'à descendre du refuge. Olivier a encore du jus et peaufine son entrainement pour la Saintélyon. J'ai mal aux pattes et me traîne jusqu'à la route en 2h10.

 

Un grand merci à Olivier, à l'origine de cette sortie et leader exemplaire.

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